Press Release
77 % des employeurs canadiens apportent des changements à leur effectif en raison des pressions économiques, alors que les tarifs douaniers américains accentuent les difficultés, selon un sondage de Littler.
(21 octobre 2026) – Le plus grand cabinet au monde en droit du travail et de l’emploi représentant les employeurs, Littler, a publié son 2026 Canadian Employer Survey Report. Le sondage révèle que les employeurs canadiens réagissent aux pressions économiques et commerciales notamment en suspendant les embauches, en procédant à des mises à pied et en recourant davantage à l’automatisation, tout en composant avec un environnement réglementaire en évolution, l’adoption rapide de l’intelligence artificielle (IA), l’évolution des attentes en milieu de travail et les défis persistants en matière de relations de travail.
Le rapport s’appuie sur les réponses de 200 avocats pratiquants en entreprise, de hauts dirigeants et de responsables des ressources humaines provenant d’organisations de divers secteurs d’activité et de d’entreprise de diverses tailles.
Les pressions économiques et les tarifs douaniers américains influencent les décisions des employeurs canadiens en matière de main-d’œuvre
Les pressions économiques continuent de peser sur les milieux de travail canadiens avec 77 % des répondants ayant pris au moins une mesure liée à la main-d’œuvre en réponse aux pressions commerciales ou économiques au cours de la dernière année. La suspension ou la réduction des embauches constitue la mesure la plus courante, citée par 46 % des répondants, suivie des mises à pied ou des réductions d’effectifs (35 %) et du recours accru à l’automatisation ou à l’intelligence artificielle (IA) afin de réduire les besoins en main-d’œuvre (28 %).
Les perturbations liées aux tarifs douaniers américains influencent également ces décisions. Parmi les employeurs ayant pris des mesures touchant leur effectif, 83% indiquent que ces perturbations ont joué un rôle, dont 54% qui estiment qu’elles ont eu une incidence importante ou modérée.
« L’incertitude économique et les perturbations commerciales influencent manifestement les décisions en matière de main-d’œuvre, et leurs répercussions pourraient s’intensifier si les tensions commerciales entre les États-Unis et le Canada continuaient de s’accentuer », a déclaré Stephen Shore, associé directeur des bureaux canadiens de Littler. « Les employeurs doivent demeurer flexibles à mesure que la conjoncture évolue, tout en examinant attentivement les répercussions juridiques et les conséquences sur la main-d’œuvre de l’adoption de l’IA, des mises à pied et d’autres mesures de réduction des coûts. »
Les nouvelles exigences en matière d’emploi mettent à l’épreuve le degré de préparation des employeurs canadiens
Les employeurs canadiens doivent composer avec des pressions juridiques et réglementaires, certains étant mieux préparées que d’autres à répondre à un ensemble complexe et évolutif d’exigences au niveau fédéral et provincial. Plus de la moitié des répondants (55%) ont mis à jour leurs affichages de postes afin de tenir compte des nouvelles exigences et attentes en matière de transparence salariale, tandis que 37% ont réalisé des analyses portant sur l’équité salariale, la rémunération ou les écarts salariaux.
Les progrès varient également en ce qui concerne les changements récents ou proposés visant à lutter contre le travail forcé, le travail des enfants et les risques liés aux droits de la personne. Près de la moitié des répondants (48 %) ont élaboré ou mis à jour des politiques, des codes de conduite, des dispositions contractuelles ou des processus de gouvernance en réponse à de telles mesures législatives au Canada. Toutefois, seulement 29 % ont procédé à des évaluations des risques ou à une cartographie de leurs activités ou de leurs chaînes d’approvisionnement.
« Qu’il s’agisse de transparence salariale ou d’autres exigences émergentes, il est important que les entreprises ne se contentent pas de suivre l’évolution de la situation », a indiqué Paul Pulver, associé chez Littler à Vancouver. « Les employeurs devraient évaluer l’incidence de ces règles sur leurs propres politiques et pratiques et envisager des changements concrets afin d’assurer leur conformité. »
Les employeurs québécois composent avec les exigences en matière de langue française et de risques psychosociaux
Parmi les répondants ayant des activités ou des employés au Québec, 61 % affirment que le respect des obligations relatives à la langue française représente un défi modéré ou important. Parallèlement, seulement 40 % des employeurs québécois ont élaboré ou mis à jour des programmes de prévention, des politiques ou des plans d’action afin de répondre aux nouvelles exigences en matière de gestion des risques psychosociaux en milieu de travail.
« Les employeurs québécois ne devraient pas présumer que leurs politiques existantes ou le fait d’avoir un effectif moins nombreux signifient qu’ils sont en conformité alors que la réglementation en milieu de travail évolue », a déclaré Olivia Girouard, avocate à Montréal. « En ce qui concerne les risques psychosociaux plus récents, de même que les autres exigences en matière de santé et de sécurité, les employeurs doivent s’assurer d’évaluer les risques, de mettre en place des mesures de prévention et de former leur personnel. »
L’IA influence les décisions en matière de main-d’œuvre à mesure que les mécanismes de gouvernance se développent
L’IA influe déjà sur la façon dont les employeurs canadiens abordent l’organisation du travail et l’embauche. Près de la moitié des répondants (44 %) ont réévalué ou sont en train de réévaluer les responsabilités de leurs employés en raison de l’utilisation accrue, actuelle ou prévue, de l’IA. Plus du tiers (36 %) ont réduit ou sont en train de réduire les embauches, tandis que 33 % ont procédé ou procèdent actuellement à des réductions d’effectifs.
Parallèlement, de nombreuses organisations sont encore en train de mettre en place des structures de gouvernance officielles. Moins de la moitié des répondants indiquent disposer d’une politique officielle encadrant l’utilisation de l’IA au travail (49 %) ou d’un processus officiel d’analyse ou d’approbation des outils d’IA ou de leurs cas d’utilisation (42 %). À titre de comparaison, parmi les employeurs américains interrogés par Littler plus tôt cette année, 68 % ont indiqué disposer d’une politique officielle encadrant l’utilisation de l’IA en milieu de travail et 55 %, ont indiqués avoir un processus officiel d’analyse ou d’approbation des outils d’IA et de leurs cas d’utilisation.
Les exigences de présence au bureau entraînent une hausse des demandes de flexibilité et de mesures d’accommodement
Bien que les modes de travail flexibles et hybrides demeurent répandus, la moitié des répondants ont augmenté le nombre de jours de présence obligatoire au lieu de travail au cours des deux dernières années. Parmi ces employeurs, 81 % font état d’une certaine hausse des demandes de télétravail fondées sur des motifs protégés par la loi, tandis que 91 % signalent une augmentation des demandes fondées sur des préférences personnelles. Par ailleurs, 59 % des répondants indiquent une hausse des demandes de congé ou de mesures d’accommodement liées à la santé mentale des employés.
Le degré de préparation des employeurs varie en matière de syndicalisation et de négociation de convention collective
Le rapport révèle que les employeurs syndiqués ont un niveau de confiance relativement élevé quant à leur capacité à faire face à des tactiques de négociation plus offensives, 81 % d’entre eux se disant très ou modérément préparés. Les employeurs non syndiqués affichent beaucoup plus d’incertitude, alors que seulement 29 % estiment que leur organisation est très ou modérément préparée à faire face à d’éventuelles activités de syndicalisation.
Lorsqu’il s’agit de gérer les différences entre les exigences et les stratégies en matière de relations de travail d’une juridiction à une autre, les employeurs signalent de niveaux de difficulté comparables au sein du Canada et entre le Canada et les États-Unis. Un peu plus de la moitié (52 %) indiquent que les différences entre le Canada et les États-Unis représentent un défi modéré ou important, comparativement à 44 % qui en disent autant des différences entre les provinces et les territoires canadiens.
Vous trouverez ci-dessous un lien permettant de télécharger le rapport complet de l’enquête, qui est offert en anglais seulement : Littler’s 2026 Canadian Employer Survey Report.
À propos de Littler
Comptant plus de 2 000 avocats en droit du travail et de l’emploi dans des bureaux partout dans le monde, Littler offre des solutions en droit du travail et de l’emploi adaptées aux réalités locales, où que vous soyez. Notre équipe mondiale et nos technologies exclusives favorisent une culture qui valorise l’innovation, tout en permettant de proposer des solutions avant-gardistes qui préparent les employeurs aux réalités d’aujourd’hui et à celles de de demain.